Mauritanie : ETUDE DE CAS. Quand un ministre démolit…. les fraudes.
S’il y’a un ministre qui porte sur ses épaules le poids de « tous les poids » d’un cumul de 60 ans de gestion anarchique de l’espace foncier et public de Nouakchott, c’est bien Sid ’Ahmed Ould Mohamed ministre de l’Habitat de l’Urbanisme et de l’Aménagement du territoire. La mission que s’est confiée ce ministre, pour concrétiser et matérialiser les vœu du chef de l’état de mettre fin au désordre indescriptible instauré par le visage de notre capitale, le met face à de très nombreux ennemis pour la plupart armés parfois de faux, parfois de « vrais faux » et le plus souvent armés de « faux vrais ». Mais le met également face à des défis énormes à surmonter.
Le Ministre de l’Habitat livre actuellement un combat et qui l’oppose à des propriétaires fonciers de lots et de terrains parfois fictifs, parfois réels mais qui ont tous une chose en commun, ils sont en conflit avec le plan cadastre de la Capitale, avec les textes, les lois et les règlements en vigueur. Ce ministre se retrouve donc malgré lui, dans le collimateur de trafiquants fonciers de tous genres. On les retrouve à tous les niveaux, dans toutes les couches de la population et ils sont souvent confondus dans un enchevêtrement de problèmes incroyables et indescriptibles créés par une Mafia dont des éléments d’un « profil nouveau » suscitent des interrogations.
En application de la décision prise par le Conseil des Ministres il y’a quelques semaines, le ministre a fait tirer en sa présence le lundi 13 septembre le nouveau Plan Directeur de Nouakchott. Ce nouveau plan, fruit d’études d’aménagement urbain scientifique, va placer notre capitale dans un environnement moderne qui respectera désormais et pour toujours tous les aspects du cadastre en tenant compte des normes appliquées dans le monde entier.
En plus qu’il permettra à la Capitale de sortir de son étouffement et de respirer à pleins poumons, ce plan l’un des plus modernes d’Afrique permettra à tous les services dont les activités doivent se greffer sur son tracé, comme la Somelec, la SNDE, la Mauriposte et peut être dans un avenir proche la Somagaz, de pouvoir travailler sur la base d’un outil fiable, moderne et d’une lecture aisée pour tous les topographes, les techniciens et les géomètres.
Après avoir relevé le ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement d’une chute qui avait fracturé sa mission véritable, et, après avoir posé les rails du toilettage du Ministère du Commerce qui était complétement handicapé par une gestion opaque durant la décennie passée, le Ministre Sid’Ahmed Ould Mohamed donne maintenant comme par le passé la preuve de ses compétences mais surtout de sa rigueur dans la gestion des affaires de son département.
En supervisant au début de cette semaine, le lancement du tirage du nouveau Plan Directeur de Nouakchott, le Ministre lance un message qui n’est pas codé qui est même très clair à tous les citoyens de ce pays, qu’ils soient responsables ou simples citoyens. « Rien ne sera plus comme avant. La gabegie, le faux et l’usage de faux, feront place à la rigueur, la bonne gestion et surtout à la transparence comme l’a décidé le président de la République et cela quel qu’en soit le prix». Mais comme l’a dit aussi le Ministre, quel que soit cette rigueur, personne ne sera lésé et personne ne sera débouté de ses droits, si droits il y’a.
Malheureusement, comme l’avait laissé comprendre le ministre, on ne peut pas faire omelettes sans casser des œufs. Ce n’est pas le Ministre Sid’Ahmed Ould Mohamed qui devait l’apprendre à des mauritaniens inconscients qui parfois ont investi beaucoup et à grands risques. Ils étaient sensé savoir que les omelettes ont un « prix ».
Mohamed Chighali